Pour apprendre le portugais quand on parle français, le premier choix à faire est celui de la variante, Portugal ou Brésil, selon son projet : voyage, installation, études ou simple curiosité. L’orthographe est commune depuis l’Accord de 1990, la prononciation est ce qui surprend le plus, et aucune source sérieuse ne permet de promettre une durée précise à un francophone.
Portugal ou Brésil : quel portugais choisir quand on débute ?
Le portugais est langue officielle dans de nombreux pays : l’Angola, le Brésil, le Cap-Vert, la Guinée-Bissau, la Guinée équatoriale (depuis 2011), le Mozambique, le Portugal, São Tomé-et-Príncipe, le Timor oriental, ainsi qu’à Macao, aux côtés du chinois, d’après Wikipédia. Nous ne donnons pas de total : il dépend de la manière de compter Macao, qui est un territoire.

Le nombre de locuteurs varie lui aussi selon la source. On lit « plus de 265 millions » dans un article du NAU, 280 millions chez ONU News, et environ 300 millions au total dont 260 millions de natifs d’après Wikipédia, qui s’appuie sur Ethnologue. Retenez simplement : de 260 à 300 millions selon les sources.
Alors, lequel choisir ? Aucune source ne désigne une « meilleure » variante. Le site de méthode MosaLingua retient le portugais du Brésil parce que c’est le plus appris, ce qui n’est pas une règle.
Le plus simple est de partir de votre projet : un projet au Portugal oriente vers la variante portugaise, un projet au Brésil vers la variante brésilienne. Et si votre projet n’est pas encore défini, rien ne vous interdit de commencer par l’une des deux : elles partagent la même orthographe.
À retenir
Deux variantes, une orthographe commune depuis l’Accord orthographique de 1990. On choisit selon son projet, pas selon une supposée supériorité d’une variante sur l’autre.
Une orthographe commune : l’Accord de 1990
Sept pays ont signé l’accord à l’origine : l’Angola, le Brésil, le Cap-Vert, la Guinée-Bissau, le Mozambique, le Portugal et São Tomé-et-Príncipe. Le Timor oriental l’a rejoint en 2004. Pour l’Angola et le Mozambique, les sources se contredisent sur l’état de la ratification : nous ne tranchons pas.
Ces dates proviennent de la presse brésilienne et de Wikipédia, non d’un texte officiel : si vous avez besoin de les citer, vérifiez-les dans le texte de l’accord.
L’effet est modeste : environ 2 000 mots sur 110 000 sont concernés, soit autour de 1 % du vocabulaire. Deux estimations circulent (0,5 % ou 0,8 % au Brésil, 1,3 % ou 1,6 % au Portugal), d’où l’ordre de grandeur plutôt qu’un chiffre unique.
Pour un débutant, cela signifie surtout qu’un livre brésilien et un livre portugais s’écrivent à peu près de la même façon.
Le portugais est-il facile pour un francophone ?
La réponse honnête : nous ne savons pas le mesurer. Le Foreign Service Institute, institut de formation du département d’État américain, range le portugais en catégorie I, celle des « langues proches de l’anglais ». Ce classement est relayé par Wikibooks, car le site officiel de l’institut ne nous a pas été accessible.
Attention, il a été établi pour des anglophones. Il ne dit rien de la difficulté pour un francophone, et aucune source relevée ne donne le pourcentage de vocabulaire que le portugais partage avec le français. Reste un fait de base : le portugais est une langue romane, comme le français, ce qui laisse espérer des repères familiers sans rien garantir.
Ce qui ressemble au français, ce qui surprend
Selon Wikipédia, l’alphabet compte 26 lettres, le k, le w et le y ayant été ajoutés. Côté sons, le portugais a des voyelles nasales qui changent le sens d’un mot, ce que ne connaissent ni l’espagnol ni le galicien.
Le portugais européen compterait jusqu’à neuf voyelles orales, le brésilien huit, toujours d’après la même page. Concrètement, c’est une raison d’écouter beaucoup dès le début : on n’apprend pas ces sons à l’œil. Nous ne proposons pas de transcription phonétique, qui risquerait de vous induire en erreur : écoutez des enregistrements de locuteurs natifs.
Les premiers mots à retenir
Olá
D’après le dictionnaire Priberam, olá est une interjection, une formule de salutation équivalente à oi. C’est le « salut » de départ.
Obrigado, obrigada
Pour remercier, on dit obrigado. Priberam le classe comme interjection servant à remercier, mais aussi comme adjectif signifiant « qui se sent redevable », avec le féminin obrigada. Le mot reste donc lié à l’idée d’être « obligé » envers quelqu’un.
Bom dia
Le dictionnaire donne bom dia comme la salutation du matin, à l’entrée bom-dia. Pour les autres formules courantes, comme celles de l’après-midi, du soir ou de la politesse, nous ne les avons pas vérifiées ici : consultez le dictionnaire avant de les employer.
Le saviez-vous ?
Selon Priberam, obrigado est à l’origine le participe de obrigar : au sens propre, « obligé, redevable ». Dire merci en portugais, c’est donc dire qu’on se sent redevable.
Combien de temps prévoir ?
Le classement du FSI, relayé par Wikibooks, donne pour les langues de la catégorie I de 24 à 30 semaines de cours, soit 600 à 750 heures, pour atteindre un niveau professionnel général. Cette estimation suppose 25 heures de cours par semaine et concerne des anglophones.

Ce n’est donc pas une promesse, ni même une prévision pour vous : nous n’avons trouvé aucune estimation pour un francophone. Votre rythme réel, le temps disponible chaque semaine et votre objectif feront la différence. Méfiez-vous des offres qui annoncent une langue maîtrisée en quelques semaines.
Quel diplôme pour prouver son niveau ?
Deux certifications officielles existent. Le CAPLE, de l’Université de Lisbonne, évalue le portugais européen avec des examens alignés sur le Cadre européen commun de référence : A1 « Acesso », A2 CIPLE, B1 DEPLE, B2 DIPLE, C1 DAPLE, C2 DUPLE.
Le CELPE-Bras, conçu par l’Inep, est le seul certificat reconnu par le gouvernement brésilien. Il compte quatre niveaux : intermédiaire, intermédiaire supérieur, avancé et avancé supérieur, et se passe deux fois par an. Les correspondances avec le Cadre européen varient selon les sources, de B1 à C1 ou C2.
Nous n’avons relevé aucune date ni aucun tarif officiel pour ces examens : renseignez-vous sur le site du CELPE-Bras et auprès de l’Université de Lisbonne pour le CAPLE. Ces informations sont aussi décrites sur Superprof.
Comment s’y prendre : écouter, parler, lire
Quelques principes généraux, sans prétention de méthode miracle. Écoutez tôt, puisque les voyelles sont ce qui déroute le plus. Parlez dès les premiers mots, même mal : olá et obrigado suffisent pour un premier échange. Lisez ensuite des textes courts, en vous appuyant sur ce que le français vous donne déjà.
Et fixez-vous un objectif concret, comme un voyage ou un diplôme. Il vous aidera à choisir la variante et le rythme, plus sûrement qu’un classement d’applications.
Sources
- fr.wikipedia.org — Wikipédia — Portugais
- nau.edu.pt — NAU — O ensino da língua portuguesa pelo mundo
- unric.org — ONU News — Dia Mundial da Língua Portuguesa
- en.wikibooks.org — Wikibooks — Language Learning Difficulty for English Speakers (d’après le FSI)
- dicionario.priberam.org — Priberam — olá
- dicionario.priberam.org — Priberam — obrigado
- dicionario.priberam.org — Priberam — bom dia
- superprof.fr — Superprof — Le CAPLE ou le CELPE-Bras
- folhavitoria.com.br — Folha Vitória — Acordo ortográfico entra em vigor em 2016
- arpensp.org.br — ARPEN-SP — Acordo ortográfico
- celpebras.inep.gov.br — CELPE-Bras









