Il n’existe pas de quantité unique : selon l’organisme qui parle, le repère va de 1 litre à 2,5 litres par jour. L’écart vient de ce que chacun mesure (l’eau que l’on boit, ou toute l’eau qui entre dans l’organisme, aliments compris) et du public visé.
Voici comment lire ces repères officiels, ce qu’ils comptent vraiment, et dans quels cas il vaut mieux demander conseil à un professionnel de santé. Ces repères ne remplacent pas un avis médical.
Pourquoi les chiffres ne sont pas les mêmes
Tapez la question dans un moteur de recherche et vous croiserez « 1,5 litre », « 2 litres », « 2,5 litres ». Aucun de ces chiffres n’est faux, mais ils ne répondent pas à la même question. Les uns parlent d’eau à boire, les autres d’eau totale. Certains s’adressent aux adultes en général, d’autres aux personnes âgées.

Le « 2 litres par jour » que l’on répète partout n’est donc pas un objectif universel. Mieux vaut le voir comme un repère parmi d’autres.
À retenir
Plusieurs repères officiels coexistent : 1 à 1,5 litre, 1,5 à 2 litres d’eau à boire, et 2,0 ou 2,5 litres d’eau totale. Ils varient avec l’âge, la chaleur et l’activité. Ils ne se comparent pas directement.
Eau totale ou eau bue : ce que comptent les repères européens
L’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) a publié son avis en 2010. Elle retient un apport adéquat en eau totale de 2,0 litres par jour pour les femmes et de 2,5 litres par jour pour les hommes, d’après son communiqué du 26 mars 2010 et son avis scientifique.
Le mot important est « totale ». Ce chiffre rassemble l’eau de boisson, celle de toutes les boissons et l’humidité contenue dans les aliments. Il s’applique à des conditions de température et d’activité modérées. Autrement dit, il ne demande pas de vider 2,5 litres de carafe : une partie de ce total arrive par l’assiette.
Le saviez-vous ?
La valeur européenne de 2010 compte aussi l’eau contenue dans les aliments, pas seulement ce que l’on verse dans un verre.
Quelle part vient des aliments ? Des enquêtes française et britannique, analysées dans une publication scientifique, donnent un ordre de grandeur : environ un cinquième à un tiers de l’eau totale selon les études. Cette part varie d’une personne à l’autre et d’un repas à l’autre, donc elle ne se calcule pas au verre près.
Les repères français : ANSES, Assurance maladie, Manger Bouger
En France, l’Agence nationale de sécurité sanitaire (ANSES) indique, dans ses bonnes pratiques de consommation d’eau (page du 2 octobre 2020), que les adultes devraient boire au moins 1,5 à 2 litres d’eau par jour, sans attendre d’avoir soif.
L’Assurance maladie, de son côté, évoque sur sa page consacrée à l’eau environ 1 à 1,5 litre par jour, « en dehors de toute limitation de la consommation par son médecin ». Nous avons relevé ce repère le 8 octobre 2026 ; avant de vous y fier, relisez la page sur le site de l’Assurance maladie, qui peut évoluer.
Pourquoi deux fourchettes différentes ? Ces organismes n’ont pas les mêmes publics ni les mêmes méthodes, et nous ne pouvons pas trancher entre eux. Ce que l’on peut dire, c’est que tous deux parlent d’eau à boire et de repères, pas d’une obligation.
Le site Manger Bouger, relais du programme national nutrition santé et de Santé publique France, rappelle l’essentiel : boire de l’eau est indispensable, et les besoins augmentent quand il fait chaud ou en cas de fièvre.
Quand il faut boire plus : chaleur, effort, fièvre
Les repères cités plus haut valent pour une situation « ordinaire ». L’EFSA précise que son chiffre concerne des conditions de température et d’activité modérées. Dès qu’il fait très chaud, que l’on fait un effort ou que l’on a de la fièvre, les besoins augmentent, comme le rappelle Manger Bouger.
De combien ? Nous ne donnons pas de chiffre : les valeurs exactes varient selon les situations, et nous n’avons pas de repère officiel assez solide à vous proposer pour un effort intense ou une maladie. Pour ces cas, c’est à un médecin ou à un pharmacien de vous conseiller.
Boire sans attendre la soif : qui est concerné
L’ANSES et l’Assurance maladie donnent la même consigne : boire sans attendre d’avoir soif. Elle compte surtout chez les personnes âgées, car l’ANSES note que la sensation de soif est diminuée avec l’âge. L’Assurance maladie ajoute les périodes de chaleur.
Pour les plus de 75 ans, la page de Manger Bouger consacrée à la déshydratation donne un repère de 1 à 1,5 litre par jour. Si vous aidez un proche âgé fragile, proposer régulièrement à boire est un geste simple, mais son médecin reste le mieux placé pour fixer la quantité.
À retenir
Pour les adultes comme pour les personnes âgées, les organismes français conseillent de ne pas attendre la soif pour boire.
L’eau du robinet : ce que dit Manger Bouger
Selon Manger Bouger, l’eau du robinet est contrôlée régulièrement en France et peut être consommée à volonté. Elle convient donc comme boisson de base, sans qu’il soit nécessaire de se tourner vers un autre type d’eau pour atteindre un repère.

Ce que ces repères ne disent pas, et quand demander un avis médical
Soyons clairs sur les limites. Nous n’avons pas trouvé de source solide qui fixe à partir de quelle quantité boire trop devient un risque. Nous n’en avons pas non plus pour les personnes atteintes d’une maladie du rein, du cœur ou d’un diabète, ni pour celles qui suivent un traitement. Les effets de l’hydratation sur la peau, le poids ou la concentration ne sont pas démontrés ici, et nous ne promettons rien de tel.
Parlez-en à un médecin ou à un pharmacien dans les cas suivants :
Une maladie ou un traitement en cours
Si vous avez une maladie du rein ou du cœur, un diabète, ou si votre médecin a limité votre consommation de liquides, son avis passe avant tout repère général.
Une grossesse, un enfant en bas âge, une personne âgée fragile
Les besoins ne sont pas ceux d’un adulte en bonne santé. Les valeurs adaptées doivent venir d’un professionnel qui connaît la situation.
Des signes de déshydratation
Fièvre, confusion, malaise : ces signes appellent un avis médical, pas un verre d’eau supplémentaire comme seule réponse.
Sources
- efsa.europa.eu — EFSA — communiqué sur les apports de référence en eau (26 mars 2010)
- efsa.onlinelibrary.wiley.com — EFSA Journal — avis scientifique sur les valeurs nutritionnelles de référence pour l’eau (2010)
- anses.fr — ANSES — bonnes pratiques de consommation d’eau (2 octobre 2020)
- ameli.fr — Assurance maladie — l’eau dans l’alimentation de l’adulte
- mangerbouger.fr — Manger Bouger — l’eau, indispensable à notre santé
- mangerbouger.fr — Manger Bouger — la déshydratation chez les plus de 75 ans
- ncbi.nlm.nih.gov — PubMed Central — étude sur les apports en eau (enquêtes française et britannique)









