Les langues romanes sont les langues nées du latin parlé dans l’Empire romain : l’espagnol, le portugais, le français, l’italien, le roumain, le catalan et bien d’autres.
On en compte « environ 20 à 50 » selon la manière de tracer la frontière entre une langue et un dialecte, et le premier texte écrit en roman date du 14 février 842.
Qu’est-ce qu’une langue romane ?
Une langue romane (on dit aussi langue latine ou néo-latine) descend du latin vulgaire. Ce mot n’a rien de péjoratif : il désigne le latin parlé « véhiculaire » de l’Empire romain, celui de la vie de tous les jours, et non le latin des livres et des auteurs classiques.
C’est ce que rappelle Wikipédia dans son article sur les langues romanes, une source secondaire qu’il vaut mieux recouper avec un dictionnaire de référence.
Le mot « roman » lui-même vient de romanus, « romain ». Parler une langue romane, c’est donc parler une langue « à la romaine », issue de celle de Rome mais transformée au fil des siècles et des régions.
À retenir
Une langue romane est une langue née du latin parlé, pas du latin des auteurs classiques. Le premier texte conservé écrit en roman date du 14 février 842.
D’où viennent-elles ? Du latin vulgaire au texte de 842
Le latin vulgaire commence à se différencier vers 500-600, d’après Wikipédia. Au début du IXᵉ siècle, le concile de Tours, en 813, recommande de prêcher en « langue romane rustique » plutôt qu’en latin : signe que le peuple ne comprenait plus vraiment la langue des textes savants.

Le premier texte écrit en langue romane (de l’ancien français) est celui des Serments de Strasbourg. Louis le Germanique et Charles le Chauve les ont prêtés le 14 février 842, comme le rapporte l’Encyclopædia Universalis. Le texte ne nous est parvenu que par l’Histoire des fils de Louis le Pieux de Nithard, écrite, elle, en latin.
Le saviez-vous ?
À Strasbourg, en 842, Louis le Germanique a juré en roman pour être compris des soldats de Charles, tandis que Charles le Chauve a juré en langue germanique : chacun s’est exprimé dans la langue de l’armée de l’autre.
Lesquelles parle-t-on aujourd’hui, et par combien de personnes ?
Quelques ordres de grandeur, avant de regarder le détail. Selon l’Atlasocio, les langues romanes comptent environ 970 millions de locuteurs natifs, un chiffre que le site accompagne d’une mise en garde sur les doublons. C’est donc un ordre de grandeur, pas un total exact.
Ces quatre chiffres ne se comparent pas directement, car ils ne reposent pas sur la même méthode.
Espagnol et français
Pour l’espagnol, l’anuario « El español en el mundo 2025 » de l’Instituto Cervantes, relayé par La Nación, donne 520 millions de locuteurs natifs et 635,7 millions au total. Selon l’Instituto Cervantes, l’espagnol est donc la langue romane la plus parlée en langue maternelle.
Pour le français, l’OIF compte 396 millions de francophones en mars 2026, contre 321 millions en 2022, d’après Livres Hebdo. Attention : le calcul 2026 inclut pour la première fois les élèves de 6 à 9 ans scolarisés en français dans les pays du Sud, donc les deux chiffres ne sont pas comparables.
Portugais, italien, roumain, catalan
Le portugais dépasse 265 millions de locuteurs selon le NAU, et atteint 280 millions dans un article d’ONU News de 2022. L’écart vient de la méthode de comptage : mieux vaut retenir une fourchette qu’une valeur unique.
Pour l’italien, le roumain et le catalan, les séries disponibles divergent beaucoup.
L’italien dépasse les soixante millions de locuteurs maternels, le roumain se situe autour d’une vingtaine de millions et le catalan entre 4 et 11 millions, selon que l’on consulte Wikipédia (chiffres non datés) ou l’Ethnologue 2019 cité par une revue de l’Universidad Nacional de Colombia. Là encore, ce sont des ordres de grandeur.
Où sont-elles langues officielles ?
D’après Wikipédia, l’espagnol est officiel en Espagne, dans 21 pays d’Amérique latine et en Guinée équatoriale. Le portugais l’est au Portugal, au Brésil, au Cap-Vert, en Guinée-Bissau, en Angola, au Mozambique, au Timor oriental, à Macao et à São Tomé-et-Príncipe. Le catalan est la seule langue officielle d’Andorre, et le mirandais est, depuis 1999, la deuxième langue officielle du Portugal.
Combien y en a-t-il vraiment ?
Il n’existe pas de nombre exact, et il vaut mieux se méfier de qui en annonce un. Wikipédia parle d’« environ 20 à 50 langues romanes » : tout dépend de la place donnée aux langues régionales comme le catalan, l’occitan, le corse, le sarde, le galicien ou le mirandais.
Faut-il y voir des langues à part entière ou des dialectes ? Les spécialistes en débattent, et nous ne tranchons pas ici.
L’Atlasocio, de son côté, recense 51 langues vivantes principales. Ce n’est pas contradictoire : c’est une autre façon de compter, avec ses propres critères.
Les grandes familles de langues romanes
Les linguistes regroupent traditionnellement ces langues en ensembles. D’après Wikipédia, le classement traditionnel distingue le gallo-roman (francoprovençal, langues d’oïl, occitan), l’italo-roman, le rhéto-roman et l’ibéro-roman. Le sarde et le roumain (rattaché au balkano-roman, ou thraco-roman) ont chacun leur propre groupe.

Ces étiquettes servent à s’y retrouver, pas à tracer des murs : elles reposent sur le même débat de frontières que celui du nombre de langues. Nous ne détaillons pas ici les mots de chaque famille, faute d’avoir pu les vérifier dans les dictionnaires de référence (Larousse, Académie française, RAE, Treccani, Priberam) ; mieux vaut consulter ces ouvrages directement.
Pourquoi un francophone comprend-il un peu d’italien ou d’espagnol ?
Parce que ces langues ont une même origine, le latin parlé, et qu’elles ont gardé des mots et des constructions en commun. Un francophone qui lit de l’italien ou de l’espagnol y reconnaît souvent des mots familiers, surtout à l’écrit. Cette compréhension reste partielle : l’oral est plus difficile.
Quelle part du vocabulaire est commune entre deux langues romanes ? Nous n’avons relevé aucun pourcentage fiable, et nous préférons ne pas en avancer. De même, aucune source consultée ne permet de dire qu’une langue romane serait « la plus proche du latin » : on ne l’affirme donc pas.
Par laquelle commencer ?
Il n’y a pas de bonne réponse unique : cela dépend de ce que l’on veut en faire, voyager, travailler, lire ou simplement se faire plaisir. Notre magazine propose des guides par langue pour apprendre le portugais, apprendre le roumain ou dire bonjour en italien, ainsi qu’un guide sur la langue la plus facile à apprendre pour un francophone.
Un conseil de méthode : choisissez d’abord la langue qui vous donne envie. La parenté entre langues romanes aide à démarrer, mais c’est la motivation qui fait tenir sur la durée.
Sources
- fr.wikipedia.org — Wikipédia — Langues romanes
- universalis.fr — Encyclopædia Universalis — Serments de Strasbourg
- lanacion.com.ar — La Nación — Más de 635 millones de personas hablan español (anuario de l’Instituto Cervantes, 2025)
- livreshebdo.fr — Livres Hebdo — Le français devient la quatrième langue la plus parlée au monde (rapport OIF)
- nau.edu.pt — NAU — L’enseignement de la langue portugaise dans le monde
- unric.org — ONU News — Journée mondiale de la langue portugaise
- atlasocio.com — Atlasocio — Classement des langues romanes par nombre de locuteurs
- revistas.unal.edu.co — Universidad Nacional de Colombia — revue citant l’Ethnologue 2019









